Le 12 avril 1961, Youri Gagarine, jeune officier soviétique de vingt-sept ans issu d'une famille paysanne, est propulsé à bord de Vostok 1 pour devenir le premier être humain à avoir jamais voyagé dans l'espace. Ce biopic russe retrace son enfance sous l'occupation nazie, sa passion pour l'aviation, sa sélection parmi des dizaines de candidats et les minutes extraordinaires qui ont changé l'histoire de l'humanité. Un film de production soviétique traditionnel qui s'adresse d'abord au public russe pour lequel Gagarine demeure un héros national absolu.
Gagarine, Premier dans l'Espace est une production russe destinée à célébrer le cinquante-deuxième anniversaire du premier vol spatial habité et à réaffirmer la place centrale de Youri Gagarine dans l'histoire et l'identité nationale russe. Le film est clairement un projet patriotique autant qu'artistique, s'inscrivant dans une tradition soviétique puis russe du film biographique de héros nationaux qui valorise l'épopée collective et la fierté nationale. Pavel Parkhomenko, peu connu à l'international, s'est appuyé sur des archives abondantes et des témoignages de contemporains de Gagarine pour reconstituer le plus fidèlement possible le parcours du cosmonaute depuis son enfance paysanne jusqu'au vol historique du 12 avril 1961.
Résumé des critiques professionnelles : Le film a reçu un accueil critique modeste hors de Russie, les journalistes occidentaux lui reprochant une approche hagiographique conventionnelle qui ne cherche pas à questionner ou à complexifier la figure de Gagarine mais simplement à la célébrer. En Russie, l'accueil a été beaucoup plus favorable, le film étant perçu comme un hommage sincère et bien documenté à un héros national.
Réception du public : Le film a connu un bon succès public en Russie, où Gagarine reste une figure d'une popularité inaltérable. À l'international, sa distribution très limitée l'a empêché de trouver le public qui aurait pu s'intéresser à cette perspective russe sur la conquête de l'espace.
Récompenses obtenues : Le film a reçu plusieurs distinctions dans des festivals de cinéma russe, notamment pour la direction artistique et la reconstitution historique de la période.
Inspirations du réalisateur : Pavel Parkhomenko s'est largement inspiré des archives disponibles à l'agence spatiale russe Roscosmos, qui a offert sa coopération au projet, ainsi que des témoignages de personnes ayant connu Gagarine personnellement pour construire un portrait aussi authentique que possible de cet homme dont la popularité était telle qu'il était presque difficile de séparer la légende de la réalité.
Difficultés de production : Reconstituer le vol de Vostok 1 avec ses contraintes techniques et historiques précises représentait un défi de direction artistique important. L'équipe a eu accès à des répliques authentiques des équipements de l'ère soviétique conservés dans les musées spatiaux russes pour assurer la précision historique de la reconstitution.
Anecdote sur une scène particulière : La séquence du vol spatial proprement dit, de décollage au retour sur Terre, a nécessité un travail d'effets visuels considérable pour recréer l'expérience de l'espace vu depuis le hublot d'une capsule Vostok des années 1960, dans le style visuel de l'époque.
Gagarine Premier dans l'Espace est un film sur l'ascension sociale comme accomplissement collectif — Gagarine, fils de paysans, devient le premier homme dans l'espace, et cette trajectoire personnelle est présentée comme la preuve du succès du système soviétique qui permet à tout citoyen d'atteindre la gloire par le mérite et le travail. Le film célèbre la passion pour l'aviation et la science comme valeurs fondamentales, Gagarine étant présenté non comme un pion du système mais comme un homme véritablement habité par sa vocation. La dimension humaniste — Gagarine comme ambassadeur de l'humanité entière dans l'espace, pas seulement de l'Union Soviétique — est présente mais encadrée par la fierté nationale russe évidente. Enfin, le film aborde la mort comme horizon permanent du cosmonaute, les risques insensés de Vostok 1 étant représentés avec une certaine pudeur.
Le film se termine sur le retour de Gagarine sur Terre, sa sortie de la capsule et l'accueil triomphal du monde entier, avec un traitement lyrique de ce moment qui était effectivement l'un des plus regardés en direct par des millions de personnes à travers le monde. Des cartons finaux rappellent la mort de Gagarine dans un accident d'avion en 1968, donnant au film une teinte mélancolique finale qui nuance le triomphalisme général.
Gagarine Premier dans l'Espace désigne directement le cosmonaute et son exploit historique — être le premier être humain à avoir quitté la Terre et à être entré dans l'espace. Ce titre didactique et factuel reflète l'approche du film : honorer le fait et l'homme sans chercher de métaphores ou de subtilités que le sujet ne réclamerait pas.
Youri Gagarine reste soixante ans après son vol la figure la plus célèbre de l'histoire spatiale mondiale, et le 12 avril — Journée de l'Aviation et de la Cosmonautique en Russie — est célébré dans de nombreux pays comme Yuri's Night. Le film de Parkhomenko est régulièrement diffusé en Russie lors de ces commémorations. La Russie continue de valoriser l'héritage Gagarine dans sa communication internationale sur son programme spatial.
First Man de Damien Chazelle (2018) offre un contrepoint américain et beaucoup plus psychologiquement complexe sur le même sujet de l'exploration spatiale humaine. La Bataille de l'Espace, une autre production russe sur la conquête de l'espace soviétique, partage le même patriotisme spatial. The Right Stuff de Philip Kaufman (1983) raconte la même compétition spatiale depuis le point de vue américain avec infiniment plus d'ambiguïté et de profondeur. Sputnik d'Egor Abramenko (2020) explore la science-fiction soviétique dans un registre très différent. Enfin, Apollo 11 de Todd Douglas Miller (2019) constitue le chef-d'œuvre documentaire qui éclaire le même contexte historique.