Dans un futur proche, le Major est une cyborg unique : un cerveau humain sauvé d'un terrible accident et implanté dans un corps synthétique. Elle dirige la Section 9, unité d'élite anti-terroriste. Lancée sur la piste du mystérieux pirate Kuze, elle découvre que son passé a été manipulé. Ses souvenirs, son identité, tout pourrait être un mensonge. Elle part alors en quête de vérité sur qui elle était avant de devenir une arme.
Le film est l'adaptation live du manga culte 'Ghost in the Shell' de Masamune Shirow publié en 1989, déjà adapté en anime légendaire par Mamoru Oshii en 1995. L'idée de Hollywood d'en faire une version américaine traînait depuis 2008. L'inspiration de Rupert Sanders était de rendre hommage à l'esthétique cyberpunk de l'anime tout en le rendant accessible au grand public. Le projet voulait surfer sur la vague des films de SF philosophiques comme Blade Runner 2049. DreamWorks et Paramount ont misé sur Scarlett Johansson pour porter le film, malgré la polémique sur le 'whitewashing'. L'idée originelle était de questionner l'identité à l'ère du transhumanisme.
Résumé des critiques professionnelles : Le film se fait laminer par la critique. On salue la direction artistique somptueuse et les effets visuels fidèles à l'anime, mais on dénonce un scénario creux qui trahit la philosophie de l'œuvre originale. Le film est jugé trop simpliste, vidant le manga de sa substance métaphysique pour en faire un film d'action basique. La polémique sur le choix de Scarlett Johansson plombe aussi sa réputation. Beaucoup parlent d'une 'coquille vide' magnifique visuellement mais sans âme. Réception du public : Gros échec au box-office avec seulement 169 millions de dollars pour 110 millions de budget. Le public boude le film, les fans de l'anime crient à la trahison et le grand public ne comprend pas l'univers. Le 'whitewashing' a créé un bad buzz énorme avant même la sortie. Le film est vite oublié et considéré comme l'exemple du remake US raté d'une œuvre japonaise. Récompenses obtenues : Le film n'a reçu aucune récompense majeure. Il est nommé aux Hollywood Professional Association Awards pour les effets visuels. Il obtient une nomination aux Razzie Awards pour Pire prequel, remake ou suite. Sa seule distinction est technique, pour le travail de Weta Digital sur la création du monde.
Inspirations du réalisateur : Rupert Sanders a storyboardé le film en reprenant plan par plan des scènes iconiques de l'anime de 1995, comme le combat dans l'eau ou la création du Major. Il s'est aussi inspiré de Blade Runner pour les villes verticales et pluvieuses. Il voulait que chaque plan soit une peinture cyberpunk. Il a fait appel à Ash Thorp pour le design pour avoir une esthétique plus occidentale. Difficultés de production : Le tournage en Nouvelle-Zélande et à Hong Kong a été colossal. La polémique sur le blanchiment du casting a pourri la promotion dès l'annonce de Johansson. L'actrice a dû porter une combinaison moulante pour simuler la peau synthétique, qui mettait 3 heures à enfiler. Le scénario a été réécrit 10 fois pour essayer de contenter les fans et les studios, ce qui a donné un résultat lisse. Anecdote sur une scène particulière : La scène de création du Major dans la cuve a nécessité de suspendre Scarlett Johansson dans du silicone pendant des heures. La scène de combat des geishas robots a été entièrement chorégraphiée en amont en motion capture. Pour la scène finale, la ville a été entièrement recréée en 3D car il était impossible de trouver un décor réel assez futuriste. Casting initialement prévu : Margot Robbie a été le premier choix pour le Major mais elle a refusé pour Suicide Squad. Pour Kuze, Sam Riley était pressenti. Takeshi Kitano ne parle que japonais dans le film, ce qui était un choix de Sanders pour garder un ancrage asiatique. Rila Fukushima a auditionné pour le Major.
Le film aborde l'identité à l'ère du post-humain. Qu'est-ce qui nous définit : notre corps, nos souvenirs, notre 'ghost' ? Il parle de la manipulation des souvenirs par les corporations et les États. La question de l'âme dans la machine est centrale, mais traitée de façon plus simple que dans l'anime. Il évoque aussi la solitude de l'être hybride, ni totalement humain ni totalement robot. Le thème du 'whitewashing' a débordé du film pour devenir un thème de société autour du projet.
Le Major découvre qu'elle était Motoko Kusanagi, une adolescente enlevée par la Hanka Robotics. Avec l'aide de Kuze, un autre rescapé, elle tue Cutter, le PDG qui a volé sa vie. Elle choisit de ne pas se venger du monde mais d'accepter sa double nature. La dernière scène la montre qui plonge du toit d'un immeuble, comme au début, mais cette fois elle sait qui elle est. Elle continue sa mission à la Section 9, ayant trouvé la paix. La fin dit que l'identité n'est pas dans le passé mais dans les choix qu'on fait maintenant.
'Ghost in the Shell' signifie 'L'Esprit dans la Coquille'. Le 'Ghost' est l'âme, la conscience, ce qui rend humain. La 'Shell' est le corps, ici cybernétique, qui est une simple enveloppe. Le titre, inventé par Masamune Shirow, pose la question philosophique centrale : peut-il y avoir un esprit sans corps biologique ? L'enveloppe peut changer, mais le ghost reste. C'est la base du transhumanisme.
La musique de Clint Mansell et Lorne Balfe reprend le thème iconique de l'anime de 1995 composé par Kenji Kawai. Les chants bulgares et les percussions donnent une dimension mystique et rituelle au film. La BO mélange nappes électroniques et orchestre pour coller à l'univers cyberpunk. Elle est moins expérimentale que celle de l'anime mais reste l'un des points forts du film salué même par les détracteurs.
Ghost in the Shell 1995, Blade Runner 2049, Matrix, Akira, Alita: Battle Angel