Jack est un jeune garçon de dix ans d'une maturité surprenante qui s'occupe presque seul de son petit frère. Leur mère biologique, aimante mais totalement immature et dépassée, les délaisse régulièrement pour vivre sa propre vie. Suite à un incident domestique, Jack est placé temporairement dans un centre d'accueil public dont il finit par s'enfuir. Commence alors une longue errance à travers Berlin pour retrouver sa mère, son frère sous le bras.
Le réalisateur Edward Berger a eu l'idée du film en observant la solitude de certains enfants dans les grandes métropoles modernes. Il voulait aborder le thème de l'enfance volée sans tomber dans le mélodrame larmoyant ou le voyeurisme social. Le scénario a été écrit après de longs mois d'observation dans des foyers d'accueil et de discussions avec des éducateurs. L'inspiration principale provient du désir de filmer la ville à hauteur d'enfant, avec sa part de courage et d'angoisse.
La critique internationale a unanimement salué la pudeur de la mise en scène et la performance époustouflante du jeune acteur principal. De nombreux médias ont comparé l'énergie brute du film au cinéma social des frères Dardenne. Le public a été profondément bouleversé par le parcours de ce petit garçon déterminé qui ne baisse jamais les bras. L'accueil dans les salles allemandes et européennes a été jalonné de débats poignants sur la responsabilité parentale. Le long-métrage a été nommé à la Berlinale et a remporté plusieurs prix majeurs du cinéma allemand.
Le réalisateur s'est beaucoup inspiré du néoréalisme italien pour capter la vérité brute des visages et l'immensité de la ville de Berlin. Le tournage a été structuré autour des horaires de l'enfant pour préserver sa spontanéité et éviter une fatigue excessive. Une scène de poursuite dans une station de métro a exigé une coordination parfaite pour des raisons de sécurité évidentes. Le jeune Ivo Pietzcker a été choisi parmi plus de deux cents enfants lors d'un casting sauvage étalé sur plusieurs mois.
Le film traite de la parentalité défaillante, de la perte de l'enfance, de la survie urbaine et de l'amour fraternel indéfectible.
La fin poignante montre Jack qui retrouve enfin sa mère mais prend conscience de son immaturité, décidant d'assumer lui-même son propre destin.
Le titre porte sobrement le prénom du jeune héros, soulignant que le film est avant tout le portrait intime de son courage.
Le film a marqué le début de la reconnaissance internationale d'Edward Berger, qui réalisera plus tard de superbes grosses productions récompensées.
Le Gamin au vélo, Les Quatre Cents Coups, Nobody Knows, Une vie déguisée.