Dimanche, 12 juillet 2026
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Kidon

Kidon

2014 France, Israël
Synopsis

Deux agents du Mossad sont envoyés à Paris pour éliminer un terroriste qui a commandité des attentats meurtriers. Mais la mission tourne à l'absurde lorsque les deux hommes, aussi incompétents qu'ils sont courageux, enchaînent les ratés dans une capitale parisienne qui n'en demandait pas tant. Entre espionnage et comédie de situation, *Kidon* est un film décalé et irrévérencieux qui tourne en dérision les codes du film d'espionnage avec une irrésistible légèreté.

Genèse du film

Kidon — mot hébreu désignant une unité spéciale du Mossad chargée des assassinats ciblés — est né de la volonté d'Emmanuel Naccache de détourner avec humour les codes du thriller d'espionnage en plaçant au cœur de l'action deux agents totalement incompétents. L'idée d'une comédie d'espionnage mettant en scène le Mossad est particulièrement audacieuse dans le contexte français, où ce service secret israélien est associé à une image de précision redoutable. Le film joue délibérément sur ce décalage entre le mythe et une réalité fictive et burlesque. Le décès de Valérie Benguigui en septembre 2013, peu avant la sortie du film, a conféré à l'œuvre une dimension mémorielle particulière : l'actrice y livre l'une de ses dernières performances, fidèle à son talent comique unique.

Critiques et réception

Résumé des critiques professionnelles : Kidon a reçu des critiques mitigées. Si la presse a salué l'idée de départ et quelques séquences comiques bien trouvées, beaucoup ont estimé que le film ne tenait pas toutes ses promesses sur la durée et que le registre de la comédie d'espionnage burlesque était inégalement maîtrisé. La performance de Valérie Benguigui a été unanimement saluée, tout comme la complicité des deux acteurs principaux.

Réception du public : Le film a trouvé son public parmi les amateurs de comédie décalée et les fans de Valérie Benguigui, qui y voyaient une dernière occasion de voir l'actrice dans toute sa vivacité comique. Le résultat au box-office a été modeste mais cohérent avec les ambitions du projet.

Récompenses obtenues : Kidon n'a pas été récompensé lors des grandes cérémonies françaises, mais la performance posthume de Valérie Benguigui a été mentionnée avec émotion par plusieurs associations de critiques.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur : Emmanuel Naccache a cité les comédies d'espionnage britanniques — notamment les films de Blake Edwards ou les parodies des James Bond — comme références pour le décalage burlesque qu'il cherchait à instaurer. Il voulait un film qui assume pleinement son identité de comédie sans chercher à ajouter une dimension sérieuse qui affaiblirait le propos comique.

Difficultés de production : La dimension israélo-française du projet a impliqué une collaboration internationale qui, si elle a enrichi le film culturellement, a également complexifié la logistique de production. Tourner des séquences à Paris en faisant croire à un contexte d'espionnage international a nécessité une direction artistique créative pour donner une crédibilité visuelle à la fiction.

Thèmes abordés

Kidon utilise l'incompétence comme outil de subversion des mythologies de la toute-puissance des services secrets. En montrant des agents du Mossad aussi maladroits que n'importe quel être humain ordinaire, le film démystifie les institutions d'état censées exercer une violence propre et précise et révèle leur dimension profondément humaine — avec tout ce que cela implique d'imprévisible et de comique. Le film aborde aussi l'identité juive et israélienne avec une liberté et une autodérision rares dans le cinéma français, assumant un humour de communauté qui suppose une relation de confiance avec le spectateur. La question du sens de la mission — valait-il vraiment la peine de risquer une opération internationale pour ce résultat ? — interroge discrètement la légitimité des actions clandestines des États.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

La résolution de Kidon est à la hauteur de son dispositif comique : les deux agents parviennent à accomplir leur mission, mais dans des conditions si chaotiques et avec des résultats si différents de ce qui était prévu que la notion même de « succès » en sort ironisée. La fin est moins une victoire qu'un soulagement mutuel — de la part des personnages comme du spectateur — que les choses se soient finalement arrangées malgré tout. Cette conclusion cohérente avec l'esprit burlesque du film confirme que Naccache privilégie la légèreté jusqu'au bout.

Signification du titre

Kidon est le nom hébreu de l'unité spéciale du Mossad chargée des liquidations physiques d'ennemis de l'État d'Israël. Ce titre, qui ne s'explique pas de lui-même pour un spectateur non initié, crée une distance légèrement énigmatique qui invite à la curiosité. Il joue aussi sur le sérieux apparent d'un terme technique et militaire confronté à la réalité comique et dérisoire des événements du film — ce décalage entre le titre solennel et le contenu burlesque étant l'une des premières blagues du film.

Actualités

Kidon reste surtout mémorisé comme l'un des derniers films de Valérie Benguigui, disparue en 2013 après avoir reçu le César de la meilleure actrice pour Le Prénom l'année précédente. Son souvenir continue d'imprégner chacun de ses films d'une émotion particulière. Emmanuel Naccache a poursuivi sa carrière dans la production et la réalisation télévisuelle.

Films Similaires

Kidon s'inscrit dans la tradition des comédies d'espionnage burlesque comme La Panthère Rose (1963) de Blake Edwards ou Les Nuls dans leur registre parodique. L'Agent aux Poignets Cassés ou OSS 117 (2006) de Michel Hazanavicius constituent les références françaises les plus directes du genre. The In-Laws (1979) et ses remakes explorent des dynamiques similaires d'agents incompétents en mission impossible. Pour les comédies franco-israéliennes, Cherchez la Femme (2017) ou Le Bonheur des uns... offrent des variations sur les rencontres culturelles franco-israéliennes avec humour.