Dimanche, 12 juillet 2026
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Kings

Kings

2017 États-Unis, France
Synopsis

Los Angeles, 1992. Millie est une mère de famille qui héberge chez elle une ribambelle d'enfants dont certains ne lui appartiennent pas, dans un quartier pauvre du South Central. Son voisin Obie, un homme blanc solitaire et inadapté, se retrouve mêlé à leur vie chaotique. Quand le verdict du procès des policiers ayant battu Rodney King tombe — acquittement général —, Los Angeles s'embrase dans les pires émeutes de son histoire. Au milieu de la ville en flammes, Millie, Obie et les enfants vont devoir traverser l'enfer pour rester en vie.

Genèse du film

Kings est le deuxième long métrage de la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven, révélée internationalement avec Mustang (2015), nommé à l'Oscar du meilleur film étranger. Ce deuxième film représente un tournant radical dans sa carrière : son premier film américain, produit en anglais avec des stars hollywoodiennes, ancré dans l'histoire américaine — les émeutes de Los Angeles de 1992. Ergüven a voulu raconter ces émeutes depuis le point de vue de ceux qui les ont vécues de l'intérieur — les habitants du South Central, un quartier afro-américain — plutôt que depuis celui des médias ou des politiques. Le film a été tourné à Los Angeles dans les quartiers réels où se sont déroulés les événements, avec un soin particulier apporté à la reconstitution historique.

Critiques et réception

Résumé des critiques professionnelles : Kings a reçu des critiques très partagées, certains saluant la puissance visuelle des séquences d'émeute et la performance de Halle Berry, d'autres regrettant une narration hésitante qui ne parvient pas à faire coexister le portrait intime de la famille et l'ampleur historique des événements. La presse française a généralement été plus favorable que la presse américaine.

Réception du public : Le film a eu une sortie difficile aux États-Unis, où il a été peu distribué. En France, son positionnement d'auteur et la réputation d'Ergüven après Mustang ont permis une meilleure réception.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur : Deniz Gamze Ergüven a découvert les émeutes de Los Angeles de 1992 à distance, depuis la France, et a voulu comprendre comment une ville entière avait pu basculer dans la violence en une nuit. La façon dont des familles ordinaires avaient navigué dans cette catastrophe l'a fascinée comme sujet de cinéma.

Difficultés de production : Reconstituer les émeutes de 1992 à Los Angeles a représenté un défi technique et logistique considérable, notamment pour les séquences de nuit dans des rues en feu, qui ont nécessité des équipes de cascades et des effets pyrotechniques importants.

Thèmes abordés

Kings explore les fractures raciales et sociales américaines à travers le prisme des émeutes de 1992 — événement fondateur de la prise de conscience collective sur la brutalité policière contre les Noirs américains. Le film aborde la solidarité de voisinage comme dernière ligne de défense dans une ville qui s'effondre. La maternité de substitution — Millie qui élève des enfants qui ne sont pas les siens — est le portrait central du film : une femme qui fait face à une responsabilité immense avec les seules ressources de sa bonne volonté. La rencontre impossible entre deux Amériques — Millie et Obie — est aussi au cœur du film.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

Millie, Obie et les enfants traversent la nuit des émeutes et s'en sortent vivants — une victoire modeste mais réelle dans une ville qui compte des dizaines de morts. La fin du film rappelle les données historiques des émeutes : 63 morts, 2 000 blessés, plus d'un milliard de dollars de dégâts. Cette résolution sobre est à la mesure de la tragédie historique que le film a voulu raconter.

Signification du titre

Kings joue sur la polysémie du mot. «Kings» renvoie au nom de Rodney King, dont l'affaire a déclenché les émeutes. Mais «kings» sont aussi les «rois» — et le film montre des gens ordinaires du South Central qui, dans leur façon de résister, de survivre et de s'entraider, font preuve d'une grandeur méconnue. C'est aussi une façon ironique de dire que ces quartiers pauvres ont leur propre dignité et leur propre royauté, que l'Amérique officielle ne veut pas voir.

Actualités

Kings confirme la singularité de Deniz Gamze Ergüven dans le paysage du cinéma international, même si ce film a moins convaincu que Mustang. La question des violences policières contre les Noirs américains — au cœur du film — est plus que jamais d'actualité, donnant à Kings une résonance contemporaine renouvelée. Disponible en VOD.

Films Similaires

Kings dialogue avec d'autres films sur les émeutes de Los Angeles comme Boyz n the Hood (1991) de John Singleton ou Do the Right Thing (1989) de Spike Lee. Pour les films sur la violence raciale aux États-Unis, Detroit (2017) de Kathryn Bigelow ou BlacKkKlansman (2018) de Spike Lee explorent des contextes proches. Le précédent film d'Ergüven, Mustang (2015), partage la même façon de filmer des femmes résistant à une violence systémique.