Jonna ne souhaite qu'une seule chose plus que tout au monde : trouver une famille adoptive prête à l'aimer, peu importe à quoi elle ressemble. Élevée dans un orphelinat où les prétendants se font rares, la fillette a fini par perdre espoir de voir un jour quelqu'un se présenter pour elle. C'est alors qu'une femelle gorille se présente à l'improviste pour devenir sa nouvelle maman, à la surprise générale de l'établissement. Tandis que Jonna découvre le bonheur inattendu de cette relation improbable, le directeur de l'orphelinat, lui, refuse catégoriquement cette adoption pour le moins singulière.
Ma mère est un gorille (et alors?) est l'adaptation du roman illustré éponyme de l'autrice suédoise Frida Nilsson, dont Linda Hambäck a voulu conserver la tendresse et la portée sociale en la transposant à l'écran d'animation. La réalisatrice, déjà remarquée pour son précédent film Paddy, la petite souris, a été séduite par la capacité du livre à aborder des sujets profonds comme l'adoption, la différence et le regard des autres, tout en restant accessible aux plus jeunes spectateurs. L'idée de départ, celle d'une petite orpheline recueillie par une mère gorille, permettait selon Linda Hambäck d'interroger la définition même de la famille, loin des schémas traditionnels habituellement montrés dans les films destinés à l'enfance. La réalisatrice a voulu construire un récit optimiste sur la tolérance et l'amour maternel, tout en n'édulcorant pas la dimension plus dure du rejet social que subissent Jonna et sa mère adoptive de la part du reste de la communauté. Le film a été sélectionné en compétition officielle au Festival international du film d'animation d'Annecy en 2021, confirmant l'ambition artistique du projet au-delà de son statut de film pour jeune public.
Résumé des critiques professionnelles La critique a salué la belle idée de départ du film, saluant sa capacité à aborder avec finesse et bienveillance des thématiques profondes comme les stéréotypes, le regard des autres ou les inégalités sociales. Certains observateurs ont toutefois regretté un graphisme jugé un peu quelconque et daté, rappelant parfois les productions d'animation européennes plus modestes des décennies précédentes. D'autres critiques ont au contraire salué le style graphique universel et coloré de Linda Hambäck, jugé parfaitement adapté à son jeune public cible.
Réception du public Le public familial a globalement bien accueilli le film, touché par l'histoire tendre et émouvante de cette petite orpheline recueillie par une mère peu conventionnelle. Plusieurs spectateurs ont salué le message positif du film sur la tolérance et la différence, tout en notant que le rythme et les résolutions narratives manquaient parfois de piquant pour pleinement convaincre.
Inspirations du réalisateur Linda Hambäck a voulu adapter fidèlement l'esprit du roman illustré de Frida Nilsson, en conservant sa capacité à nourrir les réflexions sociales des jeunes spectateurs sans jamais sacrifier la légèreté et la tendresse propres au conte pour enfants.
Ma mère est un gorille (et alors?) explore avant tout la définition élargie de la famille, à travers cette relation d'adoption aussi improbable qu'aimante entre une petite fille et une gorille. Le film interroge également le regard que la société porte sur la différence, à travers le rejet dont sont victimes Jonna et sa mère adoptive de la part d'une partie de la communauté villageoise. La tolérance et l'acceptation de l'autre occupent une place centrale, le récit valorisant la combativité et la solidarité face aux préjugés plutôt que la conformité aux normes établies. Enfin, le film célèbre l'amour maternel inconditionnel, peu importe la forme qu'il prend, comme socle indispensable à l'épanouissement d'un enfant.
Le titre Ma mère est un gorille (et alors?) annonce d'emblée, avec une pointe d'humour et de défi assumé, le postulat central du film : une petite fille élevée par une mère non-humaine, présentée non pas comme un problème mais comme une évidence heureuse. Le sous-titre « et alors ? », ajouté à la sortie française, renforce cette dimension revendicative, invitant les spectateurs à interroger leurs propres préjugés sur ce qui constitue une famille légitime.
Les familles à la recherche d'un film d'animation traitant avec sensibilité de l'adoption et de la différence pourront se tourner vers Ernest et Célestine, Ma vie de Courgette ou encore Paddy la petite souris, précédent film de Linda Hambäck, qui partage avec cette œuvre une même tendresse pour les personnages marginaux.