Henri Charrière, dit "Papillon", est un cambrioleur des bas-fonds parisiens injustement condamné à la prison à perpétuité pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Envoyé au sinistre bagne de Cayenne, en Guyane française, il fait la rencontre de Louis Dega, un faussaire fortuné mais vulnérable. Les deux hommes scellent un pacte de survie : Papillon protège Dega des autres détenus en échange du financement de leur évasion. Commence alors une amitié indéfectible au cœur d'un enfer carcéral d'une violence inouïe.
La genèse de ce drame d'aventure s'appuie sur une double filiation : le roman autobiographique à succès d'Henri Charrière publié en 1969, et le film culte de 1973 réalisé par Franklin J. Schaffner avec Steve McQueen. L'idée originelle des producteurs était de revisiter cette incroyable histoire de survie humaine sous un angle plus viscéral et moderne pour les nouvelles générations. L'inspiration du réalisateur danois Michael Noer est venue de son propre passé de documentariste en milieu carcéral, ce qui l'a poussé à exiger un réalisme cru. Il a voulu s'éloigner de la nostalgie hollywoodienne pour dépeindre la dégradation physique et mentale causée par le système pénitentiaire colonial. Le projet s'est concrétisé grâce au désir intense de Charlie Hunnam de s'investir physiquement dans ce rôle de force de la nature brisée.
La presse professionnelle a accueilli ce remake avec des avis partagés, saluant l'intensité des performances des acteurs tout en s'interrogeant sur la nécessité de refaire un classique déjà parfait. Les critiques ont néanmoins applaudi la puissance visuelle de la mise en scène et la transformation physique de Charlie Hunnam. La complicité psychologique entre le héros et le personnage fragile joué par Rami Malek a été jugée convaincante.
Le public amateur de récits de survie et de drames pénitentiaires sombres a répondu présent, captivé par la brutalité et l'espoir qui se dégagent de cette épopée humaine. Les spectateurs ont été particulièrement émus par la dévotion fraternelle qui unit les deux prisonniers.
Le film n'a pas remporté de statuettes majeures lors des grandes cérémonies internationales à sa sortie. Il a cependant été salué dans plusieurs festivals spécialisés pour la qualité de sa reconstitution historique et pour ses maquillages saisissants.
Le cinéaste s'est inspiré des véritables plans et rapports historiques du bagne de la Guyane française pour recréer les cellules d'isolement étouffantes. Il voulait que l'obscurité et la saleté des décors pèsent sur le moral de ses acteurs.
Les difficultés de production ont été nombreuses, le tournage s'étant déroulé dans des zones sauvages de Serbie et du Monténégro sous des climats changeants. L'équipe technique a dû bâtir une réplique entière du camp pénitentiaire au milieu de nulle part pour garantir l'immersion.
Pour l'anecdote sur une scène particulière, Charlie Hunnam s'est astreint à un isolement réel et total de plusieurs jours dans le noir complet en ne mangeant presque rien pour tourner la séquence de la cellule de relégation. Sa perte de poids spectaculaire et son regard hagard à l'écran ne sont pas simulés.
Le casting initialement prévu s'est rapidement figé autour du duo Hunnam et Malek, ce dernier ayant signé juste avant d'exploser mondialement grâce à son rôle de Freddie Mercury. Cette montée en puissance de la star a offert un coup de projecteur inattendu au long-métrage.
Le long-métrage traite en profondeur de la résilience humaine, de la soif inaltérable de liberté et de l'amitié comme ultime rempart contre la déshumanisation. Il dénonce l'horreur du système carcéral colonial français et la folie de l'isolement sensoriel. La loyauté face à la corruption et à la trahison y est centrale.
Après des décennies de tentatives ratées et de souffrances, Papillon se retrouve exilé sur la terrible Île du Diable, entourée de falaises abruptes. Refusant de mourir dans cette cage à ciel ouvert, il conçoit une ultime évasion désespérée en sautant de la falaise sur un sac de noix de coco. Louis Dega, trop affaibli et serein dans sa solitude, choisit de rester sur l'île, laissant son ami nager vers la liberté. Le film s'achève sur les images réelles d'un Henri Charrière âgé, libre, contemplant les côtes françaises.
Le titre fait référence au surnom d'Henri Charrière, tiré du tatouage de papillon qu'il arborait fièrement sur la poitrine. Ce nom symbolise de manière poétique la métamorphose du personnage à travers la souffrance, mais aussi son besoin viscéral de s'envoler loin de ses chaînes.
Le film est aujourd'hui considéré comme une alternative moderne solide au classique des années soixante-dix. Il est régulièrement mis en avant sur les plateformes de streaming pour les amateurs de performances d'acteurs intenses et d'aventures historiques.
Les Évadés, L'Évadé d'Alcatraz, Midnight Express