François Gautier est violoniste et radin pathologique. Son quotidien est millimétré pour ne rien dépenser : il calcule tout, récupère tout, et fuit toute dépense. Sa vie bascule quand il tombe amoureux d'une nouvelle collègue et découvre qu'il a une fille de 16 ans dont il ignorait l'existence. Pour ne pas les perdre, ce grippe-sou va devoir mentir et surtout apprendre à dépenser. Une comédie sur l'argent qui rend fou.
Le film n'est pas tiré d'une histoire vraie mais d'un scénario original de Laurent Turner et Nicolas Cuche. L'idée originelle était de faire une comédie autour d'un défaut universel : la radinerie. Fred Cavayé, réalisateur de thrillers comme Pour elle, voulait changer de registre et s'attaquer à la comédie pure. L'inspiration lui est venue en observant les petits comportements radins du quotidien, ceux qu'on a tous. Il voulait un personnage extrême mais attachant, à la manière de L'Avare de Molière version 2016. Dany Boon a été impliqué très tôt dans l'écriture pour coller le personnage à son jeu et son timing comique.
Les critiques professionnelles ont été mitigées. La presse salue la performance de Dany Boon, totalement habité par son rôle de pingre, et quelques gags très efficaces. En revanche, beaucoup reprochent au film son scénario prévisible et son manque de finesse dans l'écriture. Le film obtient 2,8/5 sur AlloCiné presse. Télérama parle d'une "comédie mécanique". La réception du public a été bien meilleure. Avec 2,9 millions d'entrées en France, Radin est un gros succès populaire de l'année 2016. Les spectateurs ont plébiscité le côté "feel good" et se sont reconnus dans les situations absurdes du personnage. Le film a très bien marché en VOD et à la TV. Le film n'a obtenu aucune récompense majeure. Il n'a été nommé ni aux César ni dans les grands festivals. Son seul trophée est officieux : il reste l'une des meilleures audiences TV pour TF1 lors de ses diffusions.
Fred Cavayé cite La Chèvre de Francis Veber et les comédies avec Bourvil comme inspirations. Il voulait retrouver cet humour basé sur un personnage à gros défaut. La production s'est bien passée, Dany Boon étant très impliqué pour trouver le bon équilibre entre le rire et l'émotion. La plus grosse difficulté a été de rendre le personnage de François attachant malgré sa radinerie. L'équipe a beaucoup travaillé pour ne pas tomber dans la caricature méchante. La scène où Dany Boon se sert d'une seule bougie pour s'éclairer et se chauffer a nécessité plusieurs prises car l'équipe n'arrêtait pas de rire. Au départ, le rôle de François a été écrit pour François Damiens. L'emploi du temps de l'acteur belge n'étant pas compatible, le rôle a été proposé à Dany Boon qui a accepté immédiatement.
Le film traite de l'argent comme névrose et comme frein aux relations humaines. Il aborde la paternité tardive et la difficulté à changer quand on a des habitudes ancrées. La radinerie est montrée comme une maladie, une peur de manquer qui coupe du monde. C'est aussi une réflexion sur le mensonge et ses conséquences : à force de mentir pour cacher son défaut, François s'enferme. Le film défend l'idée qu'il faut savoir lâcher prise et que les plus belles choses ne s'achètent pas. Il questionne la valeur qu'on donne à l'argent versus la valeur des sentiments.
À la fin, François avoue tout à sa fille Laura et à Valérie. Il s'attend à les perdre mais c'est l'inverse qui se produit. En osant dire la vérité et montrer sa vulnérabilité, il gagne leur amour. La dernière scène le montre qui invite tout le monde au restaurant et paie l'addition sans calculer. Il n'est pas guéri de sa radinerie du jour au lendemain, mais il a fait le premier pas. Le message est clair : on peut changer par amour. Il choisit enfin les gens plutôt que son porte-monnaie.
Le titre Radin va droit au but. Il n'y a pas de sous-entendu ni de double sens. C'est le trait de caractère principal du héros, son défaut qui définit toute l'intrigue. C'est un titre efficace et marketing qui annonce immédiatement le genre de la comédie de personnage. Il fait écho au classique L'Avare tout en étant plus moderne et direct.
Depuis sa sortie, Radin est devenu un classique des rediffusions du dimanche soir sur TF1, réalisant toujours de gros scores d'audience. Dany Boon a déclaré en 2022 que c'est l'un des rôles qu'il a préféré jouer car il lui permettait de mélanger burlesque et émotion. Aucune suite n'est prévue, Fred Cavayé étant retourné au thriller. Le film est souvent cité dans les articles sur les comédies françaises traitant de l'argent.