John Rambo, un ancien membre des Forces Spéciales américaines et survivant de la guerre du Vietnam, erre sans but et tente de retrouver un ancien camarade d'unité. En arrivant dans une petite ville de montagne, il est pris à partie et injustement arrêté par un shérif local arrogant et abusif. Maltraité par les adjoints, les traumatismes enfouis du soldat se réveillent, provoquant une violente riposte qui lui permet de s'enfuir dans les bois environnants. Traqué comme une bête, Rambo va utiliser ses compétences exceptionnelles en matière de guérilla pour survivre et repousser ses assaillants dans une guerre ouverte à petite échelle.
Le long-métrage est l'adaptation cinématographique du roman à succès intitulé First Blood, écrit par David Morrell et publié au début des années soixante-dix. L'idée originelle est venue de l'observation directe par l'auteur des traumatismes subis par ses étudiants revenus de la guerre du Vietnam, ainsi que de l'impact des révoltes étudiantes de l'époque. Le réalisateur Ted Kotcheff a trouvé son inspiration en discutant avec des vétérans marginalisés qui ne parvenaient pas à se réinsérer dans une société américaine désireuse d'oublier ce conflit. Le cinéaste a conçu ce projet comme une tragédie sociale plutôt que comme un simple divertissement, cherchant à dénoncer le rejet institutionnel dont souffraient ces soldats d'élite brisés.
Les critiques professionnelles se sont montrées d'abord partagées lors de la sortie en salles, saluant l'intensité de la mise en scène mais s'inquiétant parfois de la violence brute de certaines scènes d'action. Au fil du temps, la presse a réévalué le film comme un chef-d'œuvre du cinéma d'action psychologique, louant l'interprétation magistrale et poignante de Sylvester Stallone. Le public a immédiatement plébiscité le film au box-office mondial, touché par la détresse de ce héros solitaire et la dénonciation des abus policiers de province. Les spectateurs ont été captivés par le réalisme des techniques de survie et la tension dramatique permanente. Le film n'a pas dominé les grandes cérémonies académiques à sa sortie, mais il a remporté une immense reconnaissance culturelle et populaire à l'international.
Le réalisateur Ted Kotcheff s'est largement inspiré des paysages forestiers froids et brumeux du Canada pour recréer l'atmosphère étouffante et sauvage de la traque de John Rambo. La production a connu de grandes difficultés en raison des conditions climatiques extrêmes en hiver et des accidents liés au maniement des armes et des cascades réelles en moto. Une anecdote mémorable concerne la scène où Rambo saute d'une falaise, une cascade que Sylvester Stallone a tenu à réaliser lui-même et qui lui a coûté plusieurs côtes cassées à l'atterrissage. Pour le casting initialement prévu, des icônes hollywoodiennes comme Clint Eastwood, Al Pacino ou Dustin Hoffman avaient été envisagées pour le rôle principal avant que Stallone ne s'approprie définitivement le personnage.
Le film aborde avec une grande gravité le syndrome de stress post-traumatique des soldats et le rejet brutal des vétérans par la société civile américaine. Il explore également les thèmes de l'abus de pouvoir policier, de l'incompréhension institutionnelle, de l'isolement des marginaux et de la survie en milieu hostile primitif.
La fin du film culmine dans une confrontation psychologique intense entre Rambo et son ancien mentor, le colonel Trautman, dans les décombres du commissariat. Brisé émotionnellement, Rambo s'effondre en larmes en racontant l'horreur de la guerre et l'impossibilité de retrouver une vie normale. Contrairement au roman original où le héros meurt, le film choisit de le laisser en vie ; il se rend pacifiquement aux autorités, emmené par Trautman, laissant ouverte la question de sa rédemption future.
Le titre original First Blood fait référence à l'expression signifiant verser le premier sang, soulignant que ce sont les policiers abusifs qui ont déclenché les hostilités physiques. Le nom du héros, Rambo, a été choisi par l'auteur du roman en référence à une variété de pommes trouvée par sa femme et au poète Arthur Rimbaud.
La bande originale somptueuse composée par Jerry Goldsmith offre un thème principal à la fois mélancolique et héroïque, magnifié par l'utilisation de cuivres et de synthétiseurs, qui capture parfaitement la détresse et la solitude intérieures du personnage.
Le long-métrage demeure un pilier incontournable de l'histoire du cinéma mondial, régulièrement analysé dans les écoles de cinéma pour sa structure narrative et son impact sur l'archétype du film de survie.