Au Xe siècle avant J.-C., le vieux roi David doit désigner son successeur parmi ses fils : Adonias, redoutable chef de guerre, et Salomon, homme de sagesse et de paix. Après un rêve où Dieu lui annonce que la prospérité viendra par la paix plutôt que par la guerre, David choisit Salomon, qui doit alors résister à son demi-frère jaloux ainsi qu'au puissant pharaon d'Égypte. C'est dans ce contexte que la séduisante reine de Saba, alliée du pharaon, se rend à Jérusalem avec l'intention de séduire le nouveau roi pour mieux le détruire. Mais les deux souverains, contre toute attente, tombent réellement amoureux l'un de l'autre.
Salomon et la reine de Saba est le dernier long métrage réalisé par King Vidor, qui conclut ainsi sa carrière dans la démesure des superproductions hollywoodiennes des années 1950, après Guerre et Paix. Le scénario, écrit par Anthony Veiller, George Bruce et Paul Dudley, adapte librement une histoire originale de Crane Wilbur elle-même très librement inspirée d'un épisode biblique tiré du Livre des Rois. Vidor, qui avait par deux fois décliné la proposition de réaliser Ben-Hur, a trouvé dans ce récit de rois déchirés entre pouvoir et sentiments un thème central de toute sa filmographie.
Résumé des critiques professionnelles : L'accueil critique fut partagé, certains observateurs saluant la flamboyance visuelle propre au style de King Vidor et la prestation de George Sanders dans le rôle du frère jaloux, tandis que d'autres ont jugé le film statique et déçu par un érotisme jugé puéril et un scénario qui manipule assez librement les données historiques et bibliques. Réception du public : Le public de l'époque a suivi avec curiosité cette superproduction religieuse et spectaculaire, portée par le duo formé par Yul Brynner et Gina Lollobrigida, dans la lignée du succès des grands péplums hollywoodiens de la décennie.
Difficultés de production : Le tournage a débuté en Espagne en septembre 1958 avec Tyrone Power dans le rôle de Salomon, également coproducteur du film. Le 15 novembre 1958, l'acteur a été victime d'une crise cardiaque en plein tournage de la scène de duel final face à George Sanders et est décédé après son transport en urgence à l'hôpital de Madrid. Casting initialement prévu : À la suite du décès de Tyrone Power, le studio a dû recruter en urgence Yul Brynner pour le remplacer dans le rôle de Salomon, ce qui a contraint King Vidor à retourner la quasi-totalité des scènes déjà tournées, soit près de la moitié du film.
Le film explore la tension entre responsabilité de souverain et sentiments amoureux, ainsi que le conflit entre foi monothéiste et tentations païennes, incarné par l'opposition entre l'austérité du royaume de Salomon et la sensualité débridée de la cour de la reine de Saba. Il met aussi en scène la rivalité fraternelle pour le pouvoir et la manière dont la passion amoureuse peut infléchir le destin de deux nations.
Après avoir cédé à la tentation d'une cérémonie païenne organisée par la reine de Saba, ce qui provoque la colère divine et la destruction du temple de Jérusalem par la foudre, Salomon doit affronter la coalition égyptienne à laquelle s'est rallié son frère Adonias. La reine de Saba, transformée par son amour pour Salomon et par sa sagesse, choisit finalement de se convertir avec son peuple à la foi du roi d'Israël, scellant une réconciliation entre les deux souverains et les deux royaumes.
Le titre Salomon et la reine de Saba renvoie directement au récit biblique de la rencontre entre le roi d'Israël et la souveraine du royaume de Saba, situé entre le Yémen et l'Éthiopie, dont le film tire une histoire d'amour et de rédemption très librement inspirée des textes sacrés.
La musique du film a été composée par Mario Nascimbene, dont la partition grandiloquente accompagne les fresques spectaculaires et les scènes de bataille propres au genre du péplum hollywoodien.
Le film reste surtout connu pour les circonstances tragiques de son tournage, marqué par la mort de Tyrone Power en pleine production, et continue d'être régulièrement réédité en DVD et Blu-ray par des éditeurs spécialisés dans le patrimoine du cinéma classique.
Salomon et la reine de Saba peut être rapproché d'autres grandes superproductions bibliques hollywoodiennes des années 1950 comme Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille ou Ben-Hur de William Wyler, avec lesquels il partage un même goût pour le spectacle religieux à grande échelle.