A Sao Paulo, ville qui abrite la plus importante diaspora japonaise au monde, Akemi, jeune orpheline, découvre qu'elle est l'héritière de la moitié d'un puissant clan Yakuza. Alors que l'autre moitié du syndicat veut sa mort, elle croise la route de Shiro, un étranger amnésique convaincu qu'une épée ancienne lie leurs deux destins. Ensemble, ils doivent affronter les factions rivales et remonter le fil d'un passé familial tragique pour survivre. Le film mêle arts martiaux, mystère identitaire et exploration de la culture nippo-brésilienne.
Yakuza Princess est l'adaptation du roman graphique brésilien Samurai Shiro de Danilo Beyruth, dont le réalisateur Vicente Amorim et les scénaristes Fernando Toste et Kimi Howl Lee ont voulu conserver l'esprit tout en l'étoffant pour l'écran. Le projet est porté par la volonté de mêler les codes du cinéma d'action asiatique, du film noir américain et de la tradition du jidaigeki japonais, en s'appuyant sur l'importante communauté japonaise établie à Sao Paulo. Vicente Amorim, réalisateur brésilien déjà remarqué pour Good et la série A Divisão, souhaitait montrer que le cinéma d'action pouvait s'affranchir des frontières géographiques et culturelles habituelles du genre. Le choix de situer l'intrigue au Brésil plutôt qu'au Japon permettait d'explorer un terrain rarement montré au cinéma, celui du plus grand quartier japonais hors du Japon. La chanteuse et actrice MASUMI a été choisie pour incarner Akemi lors de ses tout premiers pas au cinéma, après une audition envoyée quelques semaines après avoir commencé des cours de théâtre. Jonathan Rhys Meyers rejoint le projet pour incarner Shiro, un guerrier amnésique porteur d'un katana, apportant son expérience à une distribution en grande partie composée de nouveaux venus.
L'accueil critique est mitigé : plusieurs observateurs saluent la mise en scène stylée des séquences d'action et l'élégance de la photographie, rappelant par moments l'éclat visuel de la saga John Wick. En revanche, le scénario, coécrit par plusieurs auteurs, est régulièrement jugé inégal et sous-exploité, la promesse du décor original de Sao Paulo n'étant pas pleinement mise à profit selon plusieurs critiques. La performance de MASUMI dans son premier grand rôle est en revanche largement saluée, la jeune actrice étant remarquée pour son engagement physique dans les scènes de combat.
Le public reste partagé face au film, certains spectateurs regrettant un rythme trop lent et un scénario prévisible, quand d'autres apprécient l'originalité du mélange culturel et la qualité des chorégraphies de combat. Le film obtient une note critique modeste sur les agrégateurs, autour de trente pour cent d'avis positifs, reflet d'une réception globalement tiède. Il trouve néanmoins son public parmi les amateurs de cinéma d'action de genre, notamment lors de sa présentation au festival Fantasia.
Yakuza Princess n'a pas obtenu de récompense notable dans les grands festivals internationaux, mais MASUMI a été plusieurs fois mise en avant dans la presse spécialisée pour ses débuts remarqués au cinéma.
Le film adapte le roman graphique Samurai Shiro de Danilo Beyruth, dont Vicente Amorim et son équipe de scénaristes ont voulu retranscrire l'atmosphère à la croisée du polar et du film de sabre japonais.
MASUMI n'avait aucune expérience des arts martiaux avant le tournage : l'épée, le kendo et les cascades étaient entièrement nouveaux pour elle, ce qui a nécessité une préparation physique intensive avant et pendant le tournage au Brésil. Selon l'actrice, la plus grande difficulté du tournage résidait dans le rythme des prises de vue de nuit, environ quatre-vingt-dix pour cent du film ayant été tourné entre minuit et six heures du matin.
La toute première scène tournée par MASUMI fut l'une des plus émotionnellement exigeantes du film, celle où son personnage pleure devant le sanctuaire de son grand-père après un affrontement, une expérience éprouvante pour une actrice qui découvrait alors un plateau de cinéma pour la première fois. Jonathan Rhys Meyers, acteur expérimenté, a activement épaulé sa jeune partenaire tout au long du tournage, une aide que MASUMI a publiquement saluée après la sortie du film.
Le film explore la quête d'identité, incarnée par une héroïne qui découvre brutalement un héritage familial et criminel dont elle ignorait tout. Il interroge également la filiation et la figure paternelle absente ou trahie, thème central du parcours d'Akemi. Le déracinement culturel occupe aussi une place importante, à travers le portrait d'une diaspora japonaise vivant en symbiose avec la société brésilienne tout en conservant ses propres codes et sa propre violence. Enfin, la vengeance et la loyauté, moteurs classiques du film de genre, structurent l'ensemble de l'intrigue et des affrontements entre les deux factions rivales du clan.
Le dénouement du film révèle les véritables liens qui unissent Akemi et Shiro, dont le passé se trouve directement lié à la tragédie ayant frappé la famille d'Akemi vingt ans plus tôt. Après avoir affronté les factions rivales du clan Yakuza, Akemi parvient à s'imposer comme héritière légitime, tout en réglant ses comptes avec les responsables de la mort de son père. Le film se conclut sur une note ouverte, laissant entrevoir la possibilité d'une suite centrée sur le nouveau statut d'Akemi à la tête du clan.
Le titre Yakuza Princess désigne directement Akemi, présentée comme l'héritière, la « princesse », d'un puissant syndicat criminel japonais, en dépit de son enfance modeste et brésilienne. Ce titre souligne le contraste central du film entre l'apparente normalité de son quotidien et la réalité d'un destin criminel qui la rattrape brutalement à l'âge adulte.
La saga John Wick, pour son esthétique de l'action stylisée et son univers de syndicats criminels internationaux, constitue la référence la plus souvent citée à propos du film. Kill Bill de Quentin Tarantino, pour son mélange de cinéma de sabre japonais et de vengeance personnelle portée par une héroïne, offre également une parenté évidente. Les films de Takeshi Kitano et de Takashi Miike, cités par le réalisateur lui-même comme sources d'inspiration, éclairent la dimension plus posée et psychologique du film, en dépit de sa dimension d'action.