Carl Allen a pris l'habitude de dire non à tout, s'enfermant peu à peu dans une existence morose et sans surprise. Poussé par un ami à assister à un séminaire de développement personnel, il s'engage à dire oui systématiquement à toutes les propositions qui se présentent à lui. Cette nouvelle philosophie de vie bouleverse son quotidien, le plongeant dans des situations aussi absurdes qu'inattendues. En chemin, il croise Allison, une jeune femme aussi libre que spontanée, qui va changer sa vision du bonheur.
Yes Man est adapté du livre autobiographique du journaliste britannique Danny Wallace, qui avait réellement entrepris de dire oui à toutes les sollicitations de sa vie pendant un an. Peyton Reed a voulu transposer cette expérience personnelle en une comédie hollywoodienne portée par un acteur capable d'incarner à la fois la mélancolie et l'exubérance du personnage. L'idée originelle du livre est née d'un conseil donné à Danny Wallace par un inconnu croisé dans un bus, qui l'invitait à dire oui plus souvent dans sa vie. Le scénario adapté pour le cinéma a transformé cette expérience journalistique en une comédie romantique plus large, ajoutant une histoire d'amour et des péripéties plus spectaculaires. Jim Carrey a immédiatement été séduit par ce rôle qui lui permettait de renouer avec la démesure physique et comique qui a fait sa réputation. Le réalisateur souhaitait construire une fable positive sur le pouvoir de l'ouverture aux autres et de la prise de risque. Le film s'inscrit dans la longue tradition des comédies américaines de développement personnel tournées en dérision.
La critique a jugé le film sympathique sans être renversant, saluant la performance énergique de Jim Carrey tout en regrettant un scénario parfois prévisible. Plusieurs journaux ont souligné la bonne alchimie entre Jim Carrey et Zooey Deschanel, considérée comme l'un des points forts du film. D'autres critiques ont estimé que le film reprenait des recettes déjà largement exploitées dans les précédentes comédies de l'acteur. Le public a réservé un accueil chaleureux au film, appréciant son message positif et optimiste sur l'ouverture aux autres. De nombreux spectateurs ont salué le retour de Jim Carrey à une comédie plus légère après des rôles plus dramatiques. Le film a rencontré un joli succès commercial à sa sortie, confirmant la popularité toujours intacte de l'acteur auprès du grand public. Le film n'a pas été particulièrement récompensé lors de cérémonies prestigieuses, mais a reçu quelques nominations dans des catégories comiques lors de cérémonies spécialisées.
Peyton Reed s'est appuyé sur le livre autobiographique de Danny Wallace ainsi que sur le style physique et exubérant caractéristique de Jim Carrey pour construire la mise en scène du film. La production a dû imaginer de nombreuses situations absurdes et spectaculaires pour illustrer les conséquences du oui systématique du personnage, ce qui a nécessité une écriture particulièrement dense en péripéties. La scène où Carl doit sauter d'un immeuble en tenue de super-héros improvisée a nécessité plusieurs prises et l'intervention de cascadeurs professionnels. Jim Carrey a improvisé une grande partie de ses répliques comiques sur le tournage, une habitude bien connue de l'acteur que le réalisateur a volontiers conservée au montage. Le rôle d'Allison avait été envisagé pour plusieurs actrices avant que Zooey Deschanel ne soit finalement retenue pour sa fraîcheur naturelle.
Le film explore la thématique de l'ouverture à la vie et du dépassement de ses propres peurs et habitudes. Il aborde également la question du développement personnel, souvent tourné en dérision à travers les excès du séminaire suivi par le héros. La reconstruction de soi après une rupture amoureuse occupe une place importante dans le parcours du personnage principal. Le film traite aussi de l'amour et de la rencontre inattendue comme moteurs de transformation intérieure. Enfin, il interroge les limites de toute philosophie de vie appliquée de façon trop rigide et systématique.
À la fin du film, Carl comprend que dire oui à tout n'est pas une solution miracle, mais qu'il doit apprendre à faire des choix réfléchis plutôt que de suivre aveuglément une règle absolue. Après avoir perdu la confiance d'Allison en révélant son engagement initial de dire systématiquement oui, il doit reconquérir son amour en agissant cette fois par conviction personnelle plutôt que par obligation. Le film se conclut sur une réconciliation entre les deux personnages, Carl ayant enfin trouvé un équilibre entre ouverture aux opportunités et authenticité de ses choix. Cette conclusion souligne le message central du film : la véritable transformation vient de la sincérité plutôt que de l'application mécanique d'une règle de vie. Carl termine le film métamorphosé, plus épanoui et confiant qu'au début du récit.
Le titre Yes Man désigne littéralement l'homme qui dit oui, en référence directe à l'engagement pris par le personnage principal de répondre positivement à toutes les sollicitations de sa vie. Ce titre résume à lui seul le postulat comique et existentiel du film, jouant sur le double sens de l'expression anglaise qui désigne habituellement une personne sans opinion propre, toujours soumise à l'avis des autres. Le film détourne cette expression pour en faire une philosophie de vie positive plutôt qu'une forme de servilité.
Yes Man reste aujourd'hui une comédie populaire régulièrement diffusée à la télévision. Jim Carrey a depuis alterné entre rôles comiques et projets plus personnels, tout en restant une figure incontournable de la comédie américaine. Danny Wallace, auteur du livre original, a poursuivi une carrière d'écrivain et de journaliste après le succès de son expérience éditoriale. Le film continue d'être cité comme un exemple représentatif des comédies de développement personnel des années 2000.
Les spectateurs appréciant Yes Man pourront se tourner vers Menteur menteur, autre comédie de Jim Carrey construite autour d'un principe similaire de contrainte comportementale absolue. Bruce tout-puissant, également porté par l'acteur, partage le même ton de fable comique sur la transformation personnelle. Un jour sans fin propose une autre variation sur la transformation intérieure à travers une contrainte narrative originale. Enfin, Amour et amnésie explore avec un ton différent le hasard des rencontres amoureuses.