Yuli raconte l'incroyable destin de Carlos Acosta, danseur étoile né dans un quartier pauvre de La Havane. Contraint par son père à intégrer l'école nationale de danse cubaine alors qu'il rêve d'autre chose, le jeune garçon se découvre peu à peu une vocation pour le ballet. Il devient le premier danseur noir à interpréter certains des rôles les plus prestigieux du répertoire classique, notamment au Royal Ballet de Londres. Le film mêle scènes dramatiques et séquences de danse chorégraphiées par Acosta lui-même, qui interprète sa propre version adulte.
Yuli est l'adaptation de l'autobiographie de Carlos Acosta, "No Way Home", parue en 2007. Le scénario a été écrit par Paul Laverty, scénariste britannique habituellement associé à Ken Loach et compagnon de la réalisatrice Icíar Bollaín. Le projet tenait à raconter un parcours d'exception, celui d'un enfant qui ne voulait pas danser mais que son père a poussé, par amour et par conviction, vers l'école nationale de ballet cubaine. Carlos Acosta a lui-même participé au film en tant que producteur et en interprétant sa propre version adulte, tout en signant les chorégraphies.
Le film a été très bien accueilli par la critique internationale, obtenant une note de 93% sur l'agrégateur Rotten Tomatoes à partir de 27 critiques. Les observateurs ont notamment salué les séquences de danse contemporaine imaginées par Acosta, qui viennent ponctuer le récit plus classique de son enfance et de sa jeunesse. Le film a été récompensé par le prix du meilleur scénario pour Paul Laverty au Festival de San Sebastián 2018, et Carlos Acosta a reçu une nomination au Goya du meilleur nouvel acteur, tandis que le compositeur Alberto Iglesias a remporté un prix Platino pour sa musique.
Carlos Acosta a choisi d'interpréter lui-même la version adulte de son propre personnage, aux côtés d'acteurs plus jeunes pour les scènes d'enfance et d'adolescence. Le tournage s'est déroulé en partie à Cuba, terre natale du danseur, avec une distribution mêlant danseurs professionnels cubains et acteurs confirmés.
Le film traite de la vocation artistique contrariée par les attentes familiales, du racisme dans le monde très codifié de la danse classique, ainsi que de l'exil et du déracinement liés à une carrière internationale. Il interroge aussi la transmission entre un père exigeant et un fils qui doit trouver sa propre voie.
"Yuli" est le surnom donné à Carlos Acosta par son père, en référence aux croyances de la Santería et au dieu guerrier africain Ogún, dont il le considère comme le fils spirituel.
La musique du film est signée Alberto Iglesias, compositeur oscarisé et collaborateur régulier de Pedro Almodóvar, qui a remporté pour cette partition un prix Platino du cinéma ibéro-américain.
Billy Elliot (Stephen Daldry, 2000) partage avec Yuli le récit d'un jeune garçon issu d'un milieu modeste qui trouve dans la danse une voie d'émancipation inattendue.